Thierry Mottin

Mes premiers engagements dans des courses de longue distance en pleine nature remontent à fin 2010. J’étais alors à la charnière entre la catégorie vétéran 1 et 2. Sans autre expérience que des semi-marathons, suite à un pari fait avec mon frère, nous avons obtenu notre premier dossard à l’occasion de l’écotrail 2011, et nous voilà lancés dans l’aventure. Notre objectif était de terminer, nous étions motivés par des souvenirs de longues randonnées en montagne, hérités de notre enfance en Haute-Savoie. Installés, l’un en Ile-de-France, l’autre dans le Loiret, nous avons rapidement été confrontés, chacun à sa manière, à la préparation d’une telle course, sans possibilité de faire ensemble nos entrainements. Ayant beaucoup échangé avec mon frère à cette période, je fus étonné de voire la différence de son approche avec la mienne. Nous avons passé la ligne d’arrivée ensemble, mais pour autant, j’en conclu qu’il avait quelque chose de très personnel dans cette affaire...

Mon frère m’avait offert un peu avant la course ma première montre GPS, retour de son expérience des plans marathon en 8 semaines. Au delà de ce point commun qui nous liait désormais, je fus conquis immédiatement par l’objet qui comblait un besoin d’explications rationnelles et d’enchainement de causes et d’effets. Mais avec le recul, il faut admettre que la montre GPS ne fait pas tout et que la planification des entrainements s’est construite d’abord par tâtonnement et par une succession d’essais-erreurs ; ces dernières furent parfois payées « cash » en petits bobos et en périodes de frustration voire de convalescence venant perturber régulièrement le beau plan théorique des sorties d’entrainement mijotées au chaud à la maison. Une question revenait également souvent autour de la capacité des vétérans à progresser à l’approche des 50 ans. Ne finit on pas par se lasser des routines d’entrainement à l’efficacité incertaine, qui ouvrent la porte à un sentiment de stagnation et qui laissent le doute -ou pire encore, la perte de sens - s’installer? Curieux de nature et tenace dans ma recherche pour trouver la bonne martingale entre vie familiale, professionnelle et sportive, j’ai lu à cette époque de nombreux articles et blogs sur ces différents thèmes. La variation de vitesse autour de vVO2max commençait à peine a être évoquée, alors que la majorité des méthodes d’entrainement et des logiciels couplés aux données des montres GPS s’arque boutait encore sur le fractionné court-moyen-long en se calant approximativement sur les seuils anaérobie, la VMA ou la vitesse à VO2max selon les auteurs. La qualité de ce qu’on trouve sur internet est très variable, il y a dans cette recherche un déluge d’informations parfois contradictoires et il n’est pas toujours facile de faire le tri. Je me suis rapidement convaincu d’une chose, c’est qu’une activité d’apparence aussi simple et naturelle qui consiste à prendre sa paire de chaussure et à partir courir cachait des trésors de complexité quant aux phénomènes physiologiques, psychologique et diététiques auxquels l’ultra-trailer va être confronté dès l’entrainement et à fortiori le jour de l’épreuve. Après un bout du chemin parcouru en solitaire en dehors de toute structure, il est progressivement devenu essentiel pour moi de trouver la bonne voie et les personnes qualifiées pour m’accompagner. C’est donc à l’occasion de ces lectures et avec l’éclairage de ce qu’on ressent réellement pendant une course de plus 10 heures que j’ai commencé à m’intéresser aux travaux du professeur Véronique Billat et à son laboratoire au sein de l’Université d’Evry. Fin 2014 après de longues hésitations et des empêchements professionnels, j’ai finalement décidé de remettre de l’ordre dans ma façon d’aborder l’organisation de mon activité sportive. L’idée était de développer une qualité et une discipline d’entrainement sans accroitre le volume de kilomètres à parcourir dans l’année pour préserver les articulations (genou, dos...) tout en cultivant bien être et plaisir à chaque sortie et en s’offrant le luxe de participer à quelques compétitions hors normes. J’ai alors sollicité l’équipe du Professeur Billat, période qui correspondait au lancement du nouveau site billatraining.com. Au delà, de ma recherche de méthode et de plan d’entrainement, j’ai découvert et apprécié en ce début d’année une alchimie subtile entre la richesse des apports fondamentaux liés aux années de recherche en laboratoire et l’écoute personnalisée de Véronique Billat et de son équipe. Je termine une saison 2015, « finisher » de la TDS, une des épreuves de l’Ultra Trail du Mont Blanc, avec des sensations et un bien être complètement différent de mon expérience précédente à la CCC 2014 course jumelle de la TDS. La dialogue de début d’année avec Véronique et son équipe n’est pas étranger à ce ressenti très différent après cette course. La notion de plaisir, de meilleure gestion de l’effort et de la douleur, de leur domination par la force du mental et des choses de l’esprit et par conséquent l’accroissement de la confiance en ses capacités propres sont bien au cœur du sujet. C’est là aussi que résident les progrès réalisés. La notion de variation de la vitesse, le travail d’entrainement organisé autour d’une signature propre à chaque individu est une révolution rendue possible par la miniaturisation des capteurs et la collecte en temps réel des données physiologiques du coureur de fond qui ont pour conséquence une certaine démocratisation de l’accès à des bilans sportifs très précis et réservés, jusque là, à des athlètes de haut niveau. Il y a à parier que le coût des technologies qui permettent ces tests in vivo pendant l’effort en pleine nature, continuera de chuter à l’avenir rendant accessible, au plus grand nombre, la collecte de cette signature des capacités physiques individuelles. L’apport des concepts scientifiques est certes primordial, mais il est avant tout présent comme un pilier robuste et rassurant, un angle d’éclairage parmi d’autres qui ne s’accapare pas l’exclusivité mais qui, au contraire, s’intègre dans une volonté plus générale d’épanouissement et de connaissance de soi ou encore de recherche d’harmonie avec les autres- proches ou moins proches - et sans oublier la nature superbe que nous traversons pendant ces courses de montagne. La progression du sportif, passé 50 ans, ne se mesure plus exclusivement au chrono, ce qui donne plein d’espoir sur les actions à mener pour continuer à se bonifier à l’avenir ! Plus généralement et à tous les âges, il y a beaucoup à gagner à ne pas rester solitaire et engager le dialogue avec ceux qui vous aideront à déterminer vos manques et vous feront prendre conscience de vos forces.

Arnaud Calixte

Dimanche 20 juillet, Saint Jean de Maurienne, 7h00, nous sommes près de 12000 cyclosportifs sur la ligne de départ de l’ Etape du Tour 2015, prêts à affronter sous un soleil qui s’ annonce radieux les 4500 m de dénivelé positif sur les 140 km du parcours. 7h 08 c’ est le départ, je m’ élance dans la seconde vague, 8 minutes après le départ des cadors. Après seulement 3km de plat, c’ est parti pour l’ ascension du col du Chaussy. J’ ai bien en tête les conseils de V.Billat: pour tenir la distance je dois adopter un rythme de montée basé sur la sensation facile...

Les jambes tournent bien et c’ est sans difficulté que je me lance dans la descente après juste une heure de course. Je profite des 30 km de plat entre le col du Chaussy et le col du Glandon pour essayer de récupérer un petit peu, bien m’ alimenter et bien boire. Après ce court répit, arrive le plat de résistance de cette Etape du tour 2015, je veux parler du mythique col du Glandon. Je débute l’ ascension en essayant de reprendre le même rythme que dans le col précédent, allure réglée sur la sensation facile. Les kilomètres défilent lentement jusqu’à St Colombin des Villards où un petit replat marque la moitié de l’ ascension. Est-ce l’ ivresse de l’ altitude ou bien la proximité du sommet, je délaisse mon allure de père de famille tranquille pour une rythme bien plus audacieux. Pour la première fois depuis le départ de l’ épreuve, je laisse dériver ma fréquence cardiaque et ma respiration alors que la pente devient de plus en plus sévère. Je suis vite rappelé à la raison, une crampe dans ma cuisse droite fait son apparition,il reste encore 5 km à gravir. Je reprends alors mon rythme de croisière pour franchir le col, freiné, comme si c’ était pas assez dur, dans les derniers hectomètres par un fort vent de face. La descente splendide de la Croix de Fer s’ enchaine avec la montée du Mollard que j’ aborde très tranquillement car les crampes se font de nouveau sentir. Je mets à profit la fin de la descente du col du Mollard pour bien me ravitailler avant la montée finale de la Toussuire. Il est environ 12h00 quand je repasse à St jean de Maurienne, la température n’ est plus la même qu’en début de matinée, mon compteur Garmin affiche désormais 36 degrés. C’est sous cette chaleur accablante que j’ attaque les premiers lacets de la Toussuire, vite la soif devient gênante, la fatigue commence à faire son oeuvre et les kilomètres deviennent interminables. Heureusement la fin de l’ ascension est plus facile ce qui me permet de finir l’ épreuve tranquillement après 6 heures passées sur ma machine. Hormis la dernière heure qui était vraiment dure, les sensations sur l’ épreuve étaient très bonnes ce qui me fait penser que la préparation de V.Billat était très adaptée. Cela ne fait pas 10 minutes que j’ ai franchi la ligne d’ arrivée et déjà je me projette sur l’ édition 2016. Les idées pour améliorer ma gestion de la course et la préparation fourmillent dans ma tête. J’ ai hâte de les soumettre à V.Billat afin qu’ elle m’ aide à les mettre en oeuvre.

Gédéon Pochat

Je voulais avant tout te remercier pour tous les conseils que tu m’as donnés.
Samedi 19 décembre avait lieu le Championnat de France de Vertical Race. La course était très courte, 540 mètres de dénivelé pour 2.6 km. Comme à chaque départ en ski-alpinisme, ça part très fort, très très fort, je me retrouve coincé dès le départ mais c’est surement ce qui a fait que j’ai aussi bien géré ma course. Apres quelques mètres de plat le premier mur est là et les concurrents commencent à se disperser, j’en profite pour accélérer

(plus c’est raide plus je préfère). Au sommet de la première bosse je dois être dans les 30 au général et 5 ou 6ème en espoir. Ensuite arrive un faux plat montant ou j’en profite pour récupérer. Comme me l’a expliqué Véronique à plusieurs reprise avant que j’imprime (je sais, je suis sportif, je ne comprends pas toujours tout), il faut partir fort puis ralentir un peu le temps de recharger «le moteur électrique » pour mieux repartir. Une fois le plein d’énergie fait, j’étais déjà au pied du plus gros mur de la course où j’en profite pour remonter une bonne dizaine de places et passer à la deuxième place en espoir. La course finissait par une partie plutôt plate où je perds une place en espoir en me faisant doubler par Swann Juillaguet qui a réussi en fin de parcours à faire une pointe 2940 m/h. Une fois la ligne d’arrivée franchie je m’écroule pour 10 bonnes minutes de repos. Très content de ma course, je réalise mon premier podium au Championnat de France. Sur la course c’est Mathéo Jacquemoud en grande forme qui s’impose devant Kilian Jornet en 21 minutes. Deux minutes nous séparent, il y a encore du travail. Merci Véronique pour tes conseils acquis et ceux à venir.

Stanislas

Voilà plusieurs mois j’ai souhaité préparer le concours de moniteur d’entrainement physique militaire et sportif au sein de l’armée de terre. Deux années en licence STAPS (validées) m’ont apporté les bases et de nombreux ouvrages tels que ‘’l’entrainement en pleine nature’’ et ‘’entrainement pratique et scientifique à la course à pieds’’ m’ont permis d’améliorer mes connaissances en entrainement, notamment pour l’épreuve du cooper que je préparais.

Le VO2 max basique m’a indiqué la direction que je devais donner à mon entrainement, livre + audit, une formule complémentaire ! Merci Véronique. Le concours moniteur EPMS : Test du cooper, test de tractions, parcours d’habileté motrice, test d’aisance aquatique, sprint 40 mètres, bref un concours demandant d’être polyvalent.

Xavier Loubet

Salut Véronique, ça y est ! Objectif rempli en suivant ta méthode pour mon premier marathon qui a eu lieu ce matin à Toulouse. Le temps était idéal, l’ambiance géniale, et histoire de se mettre un peu la pression je courrais avec le tee –shirt au couleur de BillaTtraining :-) Comme tu le sais la préparation de 12 semaines ne fut pas si évidente que ça: débutée en plein mois d’Aout sous la canicule, les 6 premières semaines furent difficiles, j’ai quelques fois limité mes sorties car j’étais en train « d’exploser » à cause de la chaleur ! Les 5 semaines suivantes de préparation se sont déroulées sur mon lieu de travail, une plate forme pétrolière située au large des côtes angolaises…donc autrement dit 5 semaines en salle de sport, en alternant les séances de vélos, elliptiques et tapis de course…quand ce dernier n’était pas en panne ( ce qui me fut douté lorsque durant 15 jours je ne pouvais plus courir !) Au final il ne me restait plus que la dernière semaine avant le marathon pour retrouver les sensations de la course « sur la terre ferme», sans toutefois forcer, la dernière semaine étant surtout réservée à la récup. Donc me voilà parti ce matin pour 42.195km suivant ton plan établi et que tu avais su parfaitement réajuster une semaine avant, en prenant en considération ma forme du moment (et oui 5 semaines en mer à bosser 7 jours sur 7 de 5h00 à 22h00 ça laisse des traces …à la différence des sorties longues sur tapis de courses que je n’ai pas senti car elles se sont limitées au nombre de 3 : deux fois 1h20 et une fois 1h30 en faisant de la variation d’allure).

Le premier semi se déroule très facilement d’un point de vue physique, le plus dur étant de respecter le plan et de ne pas s’emballer !! Quand on fait de la variation d’allure, il faut se « forcer à se reposer » un km sur deux même si les jambes sont là et ne demandent qu’à dérouler! Tant pis si il y a d’autres coureurs à côté de vous qui disent « allez accroches toi ! » alors que tout va bien… il faut simplement sourire et répondre comme je le faisais : « non t’inquiètes pas je fais une pause… » Ça permet de garder de la fraicheur pour le second semi. Pour le second semi justement, et bien on ne change pas une méthode qui fonctionne : alors forcément les vitesses décroissent, mais on varie toujours, et on commence au 30ème km à remonter les premiers coureurs qui prennent le mur (dont ceux qui me disaient de m’accrocher !). A partir du 37ème km, bon OK je ne varie plus, je vois au chrono que je suis dans l’objectif fixé, donc je rentre les 5 derniers km sans forcer pour ne pas me faire plus mal (problèmes aux adducteurs depuis quelques semaines). Et puis bon, ça fait plaisir de finir avec le sourire et sans souffrir ! Objectif : 3h35min, temps réalisé : 3h34min20s Un merci à mon chef Samson Xavier qui durant ma période offshore me laissait partir m’entrainer une demi heure avant la pause de midi jusqu’à 13h :-) et merci à Sébastien Tejedor Diététicien Nutritionniste qui m’a appris les bases d’une bonne nutrition équilibrée, tout aussi importante que la préparation physique. Pour finir, encore un grand merci à toi Véronique pour ton suivi et ton engagement, ta disponibilité et tes plans d’entrainements toujours adaptées à la situation…et à la personne.